29 mai 2012

Dans le port d'Amsterdam


Titre très original pour ce nouvel article de la catégorie « Voyage » ; mais écouter du Brel sur le port d'Amsterdam, dieu que se fut bon. 


On passera rapidement sur les choses à voir et à visiter que l’on trouve dans tous les guides :


- le musée Van Gogh 
Le rez-de-chaussée et le premier étage, qui regroupent des œuvres de Van Gogh, dont la fameuse Chambre à coucher et les Tournesols, sont vraiment bien. On y découvre plein d’œuvres moins connues de l’artiste, mais qui mériteraient d’être connues ! Les étages supérieurs sont moins intéressants, plus fouillis et montrent peu d’œuvres de Van Gogh. Attention, il se peut qu’il y ait une queue de plus d’une heure pour entrer dans le musée. Pour éviter cela, rendez-vous dans la boutique située à 100 mètres du musée, où il n’y a aucune attente, et passez devant tout le monde en bombant le torse !


- le Rijksmuseum 
Ce musée est un petit bijou ! Pour qui adore Rembrandt et Vermeer, c’est vraiment le musée à ne pas louper, avec notamment l’impressionnante Ronde de Nuit et la fameuse Laitière (eh oui, ce n’est pas juste l’image d’une marque de yaourt, c’est d’abord un tableau !).  Vous pourrez également y admirer des faïences, des atlas, des armures, etc. En gros, un musée dédié aux beaux-arts de l'âge d'or des Pays-Bas. Par contre, 14€ l’entrée, pour le Rijksmuseum comme pour le musée Van Gogh, c’est un peu abusé.


- les canaux 
Il y en a partout, donc vous ne risquez pas de les louper. Le mieux, pour visiter la ville, c’est de flâner et de se perdre dans le dédale des rues et des ponts. Il y a des merveilles à chaque coin de rues, vous ne serez pas déçus.


- la maison d’Anne Franck 
Combatsdecoqs a fait l’impasse sur la maison d’Anne Franck qui reste un lieu symbolique et de mémoire fort. Mais lisez surtout son journal s'il n'a pas déjà ponctué vos années collège.

Et aussi, le béguinage, les tulipes, la heineken, les vélos et les petits bateaux qui envahissent les canaux (das ist nicht das krisis für alles).



Ce fut moins rapide que prévu, mais bon, ça, c’est fait ! Passons maintenant aux petits trucs plus atypiques, aux restos et boutiques qu’on a découvert par hasard ou qu’on a testés sur les conseils de nos guides.


- Sama Sebo 
Amsterdam est moins connu pour sa gastronomie néerlandaise que pour ses restaurants thaïlandais, chtong, surinamien… Dans ce restaurant indonésien, on vous accueille avec le sourire même si vous arrivait 5 minutes avant la fermeture des cuisines (c’est-à-dire 22h) et on vous propose, entre autres, des rijsttafel à 29€, soit plein de petites portions de différents plats de la carte. C’est la formule idéale pour découvrir des mets et des saveurs inconnues.


- Nel 
Découvert par hasard sur une grande place ombragée au croisement de 2 canaux, ce restaurant est un peu devenu notre spot, puisqu’on y a mangé 2 fois (la 2e fois, il était 15h, on mourrait de faim et il est apparu tel le messie). Tout ce qu’on y a mangé était excellent, et notamment ses spécialités néerlandaises à ne pas manquer pour "bouffer du pays" (et donc réussir son voyage) que sont les croquettes de veau et la saucisse de bœuf constituée de viande hachée fumée qui fut réellement une révélation culinaire. L'hamburger avec un pain spécial grillé au fromage, tapenade maison, les samossas et nems végétariens sont aussi une petite tuerie.



- De taart van m'n tante 
Le royaume du kitsch ! Rien que le décor vaut le coup d’œil : papier peint et nappes à fleurs, couvertures au crochet, chaises roses, perroquets en plastique sur le comptoir… Les gâteaux sont de vraies merveilles, avec des formes, des couleurs et des textures improbables, le genre de gâteau qu’on ne voit normalement que dans les séries américaines en se disant qu’ils nous prennent vraiment pour des cons s’ils veulent nous faire croire que des gâteaux comme ça existent… Eh bien ici, ça existe et en plus, c’est délicieux !


- la fromagerie Kaashuis Tromp
Ca n’est pas très original mais vous ne pouvez pas revenir d’Amsterdam sans votre meule de gouda. Pour preuve que c’est vraiment un truc de touristes, c’est que TOUS les magasins, du marchand de tabac ou fastfood, proposent ces fameuses meules souvent en lot de 3, emballées dans des papiers rouge, vert, orange. Heureusement, il y a une solution pour apporter ce délicieux fromage sans passer pour des cons : aller dans une vraie fromagerie de quartier, où le mec te conseille sur les différentes sortes de gouda et te met le bout que tu as choisi sous vide, comme ça, sous tes yeux impressionnés.


- le café brun In't Aepjen
Il y en a des dizaines à Amsterdam, mais celui-là est vraiment spécial, puisqu’il se tient dans l’une des deux seules maisons en bois encore debout de la ville. Si vous êtes beaux et sympas comme nous, peut-être la dame derrière le bar vous proposera de gouter différentes sortes de genièvre, un alcool fort des Pays-Bas qui peut faire jusqu’à 40°.


- Kitsch Kitchen 
Une marque néerlandaise que l’on trouve dans certains magasins de Paris et de laquelle on pense qu’elle vient plutôt d’Inde que des Pays-Bas, du fait des couleurs bariolées, des tissus cirés et des motifs kitschissimes (d’où le nom de la marque). On y trouve des pochettes, des nappes, des chaises, des lampes en plastique, des revival de l’enfance.



- Hotel Bellington 
Une petite adresse pas ouf mais sympa pour dormir à Amsterdam pour pas trop cher. Situé dans le quartier des musées, cet hôtel propose un petit déjeuner à volonté qui fait plaisir et des réceptionnistes très gentils. Attention toutefois, évitez d’y aller si vous avez des difficultés pour monter les escaliers (vieux et handicapés, s’abstenir donc), parce qu’il y en a forcément pour aller à la réception, aux chambres et au petit déjeuner, et ils sont vraiment raides.

Pour résumer tout cela, Amsterdam est une ville vraiment sympa, ça doit être cool d’y vivre, surtout avec le temps qu’on a eu ce week-end (on n’a pas vu un seul nuage). Les canaux, les vélos, les cafés, tout ça, tout ça, c’est vraiment l’esprit des villes du Nord qui nous plait bien. 3 jours suffisent pour découvrir une grande partie de la ville, un peu au pas de course quand même, 2 jours c’est trop peu, 4 jours seraient parfaits !

D’autres adresses à Amsterdam à nous donner, pour la prochaine fois ? Le Bird par exemple, un resto thaïlandais qui nous a échappé. 

Manuel du bon pique-assiette


Être un bon pique-assiette ne s’improvise pas. Ingurgiter à s’en péter la panse, boire à s’en saccager le foie, tout ça gratuitement, et très certainement en étant rentrée de manière illégitime à la réception, inauguration, célébration, cérémonie ou au vernissage qui vous servira de flunch pour un soir est un art, et peut même devenir une passion. Après quelques expériences, parfois mythiques, voici quelques conseils qui pourraient s’avérer très précieux au moment de mettre à sac les buffets qui s’offrent à vous.

Objectif : pas besoin de tortiller du cul il est très clair, c’est manger et boire le plus possible, mais sans se faire griller et c’est là que tout se complique, mais aussi que tout devient beau.

Préalables :
  • Se faire inviter : en se retrouvant sur des listings improbables (vous ne savez pas bien comment et pourquoi), grâce à des amis d’amis d’amis de collègues, en volant une invitation dans un bureau, ou encore mieux au panache, en entrant à l’incruste : vous avez vu de la lumière et vous vous êtes invités. Ayez bonne conscience, la moitié des personnes ici, et cela même si elles ont reçu un carton d’invitation, sont tout aussi illégitimes que vous.
  • Répondre à l’invitation : vous serez sur le listing à l’entrée, donc attendus, et si vous avez répondu, les organisateurs croiront, oh les naïfs !, que vous avez une bonne raison d’être là.  
  • Ne pas avoir trop mangé dans la journée, mais ne pas venir complètement le ventre vide, ça serait source de précipitation.
En arrivant :
  • Donner son nom et son contact, cela permettra de vous faire inviter à d’autres réceptions, surtout que les boîtes s’échangent ses listings pour faire venir du monde à leurs petites sauteries.
  • Bien repérer les lieux : il est nécessaire d’ avoir en tête la géographie des lieux, votre stratégie en dépend. S’agit-il d’une grande table avec une répétition de mets identiques (la meilleure technique consiste alors à longer le buffet, du début jusqu’à la fin, de faire un détour au bar, et de recommencer), s’agit-il de petits ilots (stands genre fête forraine) spécialisés, un pour le chaud, un pour les sushis, un pour le foie gras (facile alors de ne pas se faire repérer, mais perte de temps assuré dans les déplacements, donc on ne néglige rien et on prend une double ration à chaque ilot : une première engloutie rapidement, la deuxième savourée dans la queue du prochain îlot)…
  • Bien estimer le ratio nombre d’invités sur taille du buffet : si vous pensez qu’il y aura beaucoup trop par rapport au nombre de personnes présentes, soulagement, la soirée s’annonce belle ; dans le cas inverse, pour finir la soirée quand même à moitié malade pendant que les autres crèveront la dalle, une seule solution, repérez tout de suite la sortie des cuisines, vous y passerez votre soirée à agresser les serveurs dès qu’ils auront passé la porte.
Les bonnes pratiques :
  •  La relation aux serveurs : décomposez votre soirée en deux temps. D’abord, diversifiez les interlocuteurs, si vous retournez trop rapidement voir un serveur, vous êtes grillés. En revanche, dans un deuxième temps, fort de ce premier repérage, choisissez votre favori, à la fois sympa et pas dupe, et allez le voir un ravitaillement sur deux, il vous permettra d’atteindre votre objectif initial (se pêter le bide), ne rechignera pas à remplir votre 12e coupe de champagne, et pourrait même percer la foule pour vous apporter les derniers plateaux de mignardises que l’ensemble de l’assistance s’arrache pour éponger son litre de Veuve Cliquot ou de Ruinart selon le standing.
  •  Ne pas abusez trop rapidement du champagne : c’est l’erreur du débutant. Alors oui c’est bon mais se précipiter, c’est être mal trop vite. Pour bien boire, il faut savoir bien manger et réciproquement. Du champagne il en restera et au pire le vin sera toujours meilleur que le vulgaire Côte de Bergerac qui accompagne les tomates cerise de tes habituelles soirées.
  •  Avoir une bonne excuse pour justifier votre présence : vous n’êtes jamais à l’abri d’un hôte zélé qui viendra vous saluer, vous obligera à vous présenter, et donc à expliquer la raison de votre goinfrerie manifeste. Toute bidon soit-elle, cette excuse doit vous permettre de ne pas être mal à l’aise, ça vous couperait l’appétit, un comble quand on connaît la raison de votre présence ici. Ne dîtes par exemple jamais que vous êtes stagiaire dans la boîte ou vous avez choppé l’invitation, au pire vous êtes membre de l’équipe communication et partenariat, ou vous développez du contenu pour un nouveau site internet qui cible les 25-35 ans (oui, toujours dire qu’on fait des métiers de droite, ou au moins qui laissent à penser que vous avez fait une école de commerce).
  • Ne jamais repartir sans une dernière coupe : c’est le conseil majeur à ne pas négliger. Et même si vous savez déjà que c’est celle de trop. Trop vaudra toujours mieux que pas assez et du goût d’inachevé qui l’accompagne.

Les choses à éviter :
  • Tâcher trop tôt sa chemise, avoir un bout de foie gras collé dans la moustache ou une queue de gambas sortant encore de la bouche. Non ! Toujours garder un certain standing : ne pas se faire repérer, on a dit !
  • Se resservir toujours au même endroit, l’évidence
  • Regardez le buffet comme si c’était votre premier repas depuis quarante jours. Privilégiez un air détaché, genre « je vais prendre cette émulsion d’huître au caviar, comme une vulgaire chips, les buffets, et les réceptions c’est mon quotidien, et de toute façon, j’ai une table réservée à la Tour d’argent après, donc c’est vraiment qu’une petite mise en bouche pour moi. »

Petite retraite
Votre pire ennemi : les vieux, les voilà les véritables pique-assiette. Ils le savent, tout le monde le sait, mais eux n’en ont rien à foutre, et n’ont donc pas à assumer votre contrainte supplémentaire : être discret. On les voit dans les cocktails depuis 20 ans et les organisateurs n’oseront rien leur dire, personne ne connaît réellement la raison de leur présence mais comme ils sont toujours là, ils doivent être importants, alors autant les ménager. Alors, ça ne les dérange pas de rester planter devant le buffet, devant le bar, ou à la sortie des cuisines. Avec eux pas de pitié, sachez donner des coups, leur manger dans le bec, et n’hésitez pas le regard franc et désapprobateur à leur égard. 


Le retour : pour regagner vos pénates, plusieurs solutions :
  •  le taxi, mais c’est vraiment pour les bourgeois, ça sert pas à grand-chose d’être venu bouffer gratos si c’est pour filer tout le fric ensuite au taxi,
  • le métro, ça passe toujours mais venu une certaine heure, les changements deviennent galère
  •  le bus, la solution idéale si vous avez la chance d’avoir une ligne qui fait buffet-domicile, mais c’est aussi une très mauvaise idée parce que le soir, les mecs roulent comme des malades, même sur les pavés ; toi tu as trop mangé et trop bu et le risque est alors de tout rendre, dommage ! Une expérience testée pour vous
  • le vélo ou la marche sont le TOP, les calories sont brulées, l’alcool dans le sang réduit, et l’air frais facilitera la digestion, de quoi mieux apprécier la portée de votre performance.

Petite liste des mets qui font qu’un buffet a de grande chance de déchirer sa race, votre soirée ne sera pas perdu :
  • un gargantuesque plateau de fromage
  • des huîtres (ouvertes devant vous)
  • du champagne Ruinart blanc de blanc
  • un maître sushi
  • un véritable bar qui vous permettra de sortir du tryptique champagne/rouge/blanc : vous voulez un mojito royal fraise, il suffit de demander, un smoothie basilic-mangue, il est pour vous, ou simplement un Chivas, c’est bien sûr possible monsieur
  • un petit édicule avec du chaud préparé devant vous sur une plancha, avec au choix coquilles saint jacques, veau au lait de coco, bœuf mariné, tout ça accompagné de légumes de saison rôtis
  • une corbeille de fruits exotiques, genre fruit du dragon

Si vous voyez ça à une réception, fuyez :
  • Chips et cacahuètes, on n’est pas à une réunion de section PS
  • Gobelet en plastique, et assiette en carton, même aux fêtes que t’organises chez toi, ce fléau a été éradiqué
  • Les macarons salés, c’est très généralement une grosse arnaque
  • De la mousse de foie de canard, beurk, blurp, et re-blurp
  • Un assortiment de mauvaise charcuterie dessinant un animal : le mauvais goût n’a donc plus de limite

25 mai 2012

Combatsdecoqs à Cannes

Bizarrement, Combatsdecoqs n’a pas été officiellement invité à Cannes cette année, donc quand on dit « Combatsdecoqs à Cannes », on ne veut pas dire physiquement, mais plutôt mentalement, spirituellement !

Pour suivre Cannes sans être sur place, Combatsdecoqs a plusieurs stratégies : regarder sur Canalplus.fr les rediffusions des moments importants, analyser –toujours sur Canalplus.fr- les critiques de Cercle, aller au cinéma voir les films présentés ou sélectionnés.

Qu'est-ce que j'suis douce...
Dans un premier temps, parlons d’un sujet qui fâche : Bérénice Béjo. Déjà, elle nous avait énervés aux Césars quand elle avait remporté le prix de la meilleure actrice, face à Valérie Donzelli, Marina Foïs ou Karin Viard. On a eu beau hurler au scandale derrière notre télé (enfin notre ordi, parce que notre télé ne sert qu’à la Super Nintendo), les Césars n’ont pas changé d’avis. Ensuite, elle nous avait re-énervés quand elle avait parlé de la douceur légendaire des femmes (c’est notre fameux côté maman), qui fait, par exemple, que nous sommes de meilleures infirmières que les hommes (ben oui, il y a plus d’infirmières que d’infirmiers, donc ça veut bien dire qu’on est meilleures dans ce domaine, non ?...). Mais là, elle nous a achevés avec la cérémonie d’ouverture. Un texte récité par cœur et sans aucun naturel, des blagues qui tombent franchement à plat et des références bien lourdes au succès de The Artist – c’est bon, Bérénice, va falloir t’en remettre, c’est so 2011, ce film…

Passons à des sujets plus réjouissants ! Combatsdecoqs a déjà vu 2 films (eh oui, on chôme pas ici) présents à Cannes : Dark Shadows, de Tim Burton, et Moonrise Kingdom, de Wes Anderson, film en compétition. Après vérification, il se trouve que Dark Shadows n’est pas du tout présent à Cannes… Mais ça serait vraiment moins sympa de ne parler ici que d’un film donc, tant pis, on le laisse !

Dark Shadows

Tire sur mon doigt
Combatsdecoqs est vraiment un grand fan de Tim Burton : Beetlejuice, Charlie et la chocolaterie, Big Fish, L’Etrange noël de Monsieur Jack, Edward aux mains d’argent… Son univers étrange, sombre et un peu glauque nous plait bien. Il s’était un peu chié avec Alice au pays des merveilles, mais bon, on ne peut pas être toujours bon partout. Malheureusement, Dark Shadows est loin de valoir les films cités plus haut. Il y a vraiment de bonnes idées d’effets spéciaux, on retrouve quand même pas mal l’univers de Tim Burton, Johnny Depp et Eva Green sont assez bons. Mais le scénario n’est franchement pas trépidant : on n’a pas vraiment peur, on n’éclate pas rire (mais je crois que ça n’était pas le but), on n’est pas très émus (François n’a même pas pleuré, c’est pour dire…). On laisse un peu se dérouler le film, et les moments où on réagit vraiment concernent moins l’histoire que les idées de mises en scène de Tim Burton. Donc pour résumer, c’est bien mais pas top !


Moonrise Kingdom

C’est LE film qui devrait avoir la palme d’or ! Bon, il est vrai que c’est le seul film en compétition qu’on ait vu, mais il est tellement beau, tellement génial, qu’il est forcément mieux que les autres ! Pour ceux qui ne connaitraient pas l’histoire, il s’agit de 2 enfants de 12 ans qui tombent amoureux (mais rassurez-vous, aucune mièvrerie dans leur histoire !) et s’échappent, elle de la maison-phare où elle habite avec ses parents et ses 3 frères, lui d’un camp scout où il est le souffre-douleur et duquel il démissionne. Dit comme ça, ça ne semble peut-être pas ouf, mais les deux enfants, sur qui repose presque entièrement le film, sont vraiment géniaux et la mise en scène est splendide, notamment dans la couleur un peu jaunâtre, un peu vieillot qui règne pendant tout le film et qui donne l’impression que l’histoire se passe hors du temps. Outre les 2 enfants, le casting du film est vraiment bon : Bill Murray joue le père de Suzy, Edward Norton le chef scout, Bruce Willis un policier un brin nigaud, Tilda Swinton une sorte d’assistante sociale (Sam est orphelin et abandonné par sa famille d’accueil) qui fait peur ! Tout au long du film, on a les larmes aux yeux et le cœur qui bat (enfin, ça, heureusement, sinon on serait mort), non pas parce que c’est triste, mais parce que c’est beau.


Cannes se termine le 27 mai 2012, mais puisque de nombreux films sortent plus tard dans l’année, on sera amenés à en reparler tout 2012 ! Des remarques sur les films déjà sortis ?

23 mai 2012

TOP 10 des sports présents aux JO mais tu continues de te demander pourquoi


Combatsdecoqs inaugure une série d’articles consacrés aux JO

Cette catégorie aurait également pu s’appeler les sports présents aux JO dont tu n’as rien à foutre, ou Les sports auxquels tu t’intéresses que parce que ce sont JO, surtout parce que des fois il y a une vilaine médaille de bronze française qui traîne par là et que ça te rend fier, ou pis TOP 10 des sports présents aux JO dont tu ignorais l’existence même.
Ce sont les mêmes sports qui sont commentés par des journalistes du service sport de France télévisions qui passent certainement à la télé pour la première fois (en tout cas, toi, tu les as jamais vus et pourtant tu as scotché un paquet d’heures devant Stade 2, Roland Garros, le Tour de France et TLS), ou qui ont été ressortis du fond du panier, ou pis que tu avais eu le temps d’oublier dans les deux années entre les JO d’été et les JO d’hiver.

  1. Le plongeon synchronisé haut vol 10 mètres, présent depuis 2000
  2. Le 50km marche, présent depuis 1932, mais supprimé au JO de 1976 de Montréal, puis reprogrammé dès 1980 parce que vraiment en 1976 ça a manqué pour faire de beaux JO, et puis franchement, ce petit déhanché improbable, faut avouez que c’est moche mais que c’est cool quand même.
  3. Le pentathlon moderne, cinq épreuves donc qu’on a mis ensemble, personne c’est vraiment pourquoi : le tir, l’escrime, la natation, l’équitation et la course à pied. Quelqu’un aurait d’autres idées de cinq sports à mettre ensemble pour faire une discipline olympique ? BMX, Barre parallèle, lancer de marteau…
  4. Double Trap, Skeep et Trap qui sont trois disciplines de Ball Trap : voilà, 9 médailles potentielles en Ball Trap, non mais sérieusement de qui on se moque là ?
  5. Le cheval d’arçons en gymnastique artistique : et avoue que ton petit plaisir c’est de voir le mec se louper et s’écraser la gueule contre sa monture.
  6. Le tir à l’arc : pourquoi il n’y en a jamais un qui se craque et tir sur la foule ? (« Et médaille d’or Anders Brevik pour la Norvège ») En fait pour que ça soit cool on devrait remplacer les cibles par des corbeaux, et là d’accord #gamesofthrones
  7. Le ballet en natation synchronisé depuis 1996
  8. La lutte greco-romaine : qui a quand même permis à France 3 de nous conter la belle histoire des frères Guénot, contrôleurs RATP le jour, et athlètes de haut niveau quand ils peuvent, car la RATP ne voulait pas leur aménager des heures d’entraînement. Tu peux le dire que toi aussi tu te souviens de cette histoire, et qu’elle t’a un peu ému, même que pendant un moment tu rêvais de te faire contrôler par eux dans le métro.
  9. Le dressage par équipe en équitation : la France est quand même le troisième pays le plus médaillé aux JO en équitation, une petite fierté dont on parle trop peu.
  10. La catégorie des coqs en haltérophilie : des moins de 56kg, qui ressemblent quand même beaucoup à des nains, qui soulèvent l’équivalent de Loulou Nicollin en fonte, qui deviennent tout rouge, et qui font de belles images pour le zapping. Une discipline vraiment cool en fait, et qui permet au Kazakhstan de glaner quelques médailles.

Le pendant à cette liste est bien sûr celle des sports qui ne sont plus discipline olympique et on ne comprend vraiment pas bien pourquoi, surtout le rugby et le golf.
Mais voici surtout la liste des sports improbables qui ont été olympiques (oui vraiment !) mais qui ne le sont plus, et c’est vraiment dommage, on se serait bien marré :
    barres parallèles
    • le tir à la corde
    • le monté à la corde
    • le saut en longueur sans élan, certainement très spectaculaire
    • le javelot à deux mains et le javelot freestyle (on ne voit pas bien ce que ça peut-être mais on se doute que ça doit être dangereux)
    • en natation il y a eu de belles épreuves aussi, le 200 mètres course d’obstacle, la nage sous l’eau, et surtout le 100 mètres pour marin.
    • depuis Sydney, en aviron, suppression de 2 et 4 avec barreur alors qu’on maintient le 2 et 4 sans barreur, une énigme ! Une explication ?

Et puis il y a la liste des sports que tu rêves de voir devenir discipline olympique, c’est beau les utopistes :
·      le moto-cross (eh bien oui je suis fan, et en plus les Français ne sont pas mauvais, ça pourrait nous rapporter une belle flopée de médaille)
·        le beach soccer (pour voir Cantona aux JO, et pas sur les pubs pour The Kooples),
·        les fléchettes et le snooker (putain c’est diffusé sur Eurosport alors pourquoi pas aux JO)
·        mais aussi : la pétanque, la marelle, les pogs, et surtout, surtout, le lancer de nain !

Tyron Lannister
le foot-nain aussi aurait de la gueule

22 mai 2012

Un potager à Paris


Combatsdecoqs adore vivre à Paris, niant totalement l’idée qu’on ne voit pas les étoiles ou que les gens sont moins sympas (la proportion de cons étant la même partout, il est normal qu’on les croise plus régulièrement dans les grandes villes, où ils sont plus nombreux). Mais j’avais quand même un regret : ne pas avoir de potager. Il est certes possible d’avoir des tomates cerise, des salades et quelques framboises dans des jardinières, mais bon, c’est pas pareil…

Mais depuis 1 mois maintenant, ce regret n’est plus, puisque, grâce à l’immense générosité d’un donateur anonyme (enfin presque), j’ai désormais mon potager ! Il s’agit d’un carré d’1m20 de côté environ, fait avec des planches qui s’imbriquent les unes dans les autres et une toile de fond qui laisse s’échapper l’eau. Comme notre voisin, vous vous demandez peut-être si ce potager est le résultat d’un bricolage du dimanche… Eh bien non, rassurez-vous, mon donateur l’a acheté dans une enseigne spécialisée, nous avons juste eu à le monter et à le remplir de terre, c’est fait exprès, aucun risque qu’il ne s’écroule !

Comme nous habitons au rez-de-chaussée et que nous partageons avec les autres locataires une cour intérieure, nous avons pu le mettre sous notre fenêtre, sans que cela ne gêne personne (sauf les jaloux, et il y en a !). Dans notre petit potager, il y a actuellement : des salades (elles étaient 10 au départ, mais certaines sont décédées en route), du basilic (déjà plusieurs récoltes, ce qui nous a permis d’assaisonner salades, pizzas maison, smoothies…), des fraises, des fraises des bois, des tomates cerise, des tomates de Crimée, un plant de poivrons (vous souriez peut-être, mais si, c’est possible, j’en ai eu un l’été dernier dans une jardinière, donc dans un potager, ça devrait le faire !). Sur le côté, sont également accrochées une jardinière entièrement envahie par un framboisier et une autre où de la menthe tente de faire son nid entre 2 arbustes !



Comme vous pouvez le voir sur ces photos, tout a bien poussé en à peine 1 mois ! Du coup, je suis aussi très contente quand il pleut, contrairement à beaucoup de personnes de mon entourage, parce que ça arrose mon potager. En même temps, comme l’a fait gentiment remarquer mon voisin pas du tout jaloux, mes tomates ne sont pas prêtes de rougir si le soleil ne se montre pas un peu…

Un seul petit bémol depuis l’installation du potager : le chat est maintenant mon ennemi… En effet, mes salades ont déjà dû subir plusieurs fois l’humiliation de se faire chier dessus, et ça, c’est pas cool. Avant, quand mon père s’énervait après les chats des voisins pour les mêmes raisons, ça me faisait rire ; aujourd’hui, j’envisage de mettre du verre pilée dans la terre de mon potager… Mais non, ça va (j’entends déjà BB hurler au génocide), je plaisante, pour l’instant, j’essaie les méthodes douces : du poivre et du marc de café (activité très sympa du samedi matin pour les enfants : découper les capsules Nespresso usagées pour récupérer le café). Si ça ne fonctionne pas, j’ai lu que la pisse d’homme pouvait marcher. A tester donc, en avant-dernier recours… D’autres idées de répulsifs à chat ?

Un framboisier qui donnera au moins 15 framboises !

PS : Combatsdecoqs envisage maintenant d’installer un petit poulailler dans sa cour, cela se fait, pour avoir une petite poule naine, des œufs, et donc éventuellement un coq, entraîné au combat. Mais les réticences et les résistances sont fortes, alors même qu’il s’agit d’un animal de compagnie indispensable dans les mégalopoles, l’accessoire country pour être un hypster à New York (voyez ceci). Et puis les chats ça a peur des poules, en voilà un bon répulsif.  

18 mai 2012

Audrey Pulvar n’est plus


Arnaud Montebourg tout juste nommé au ministère au titre soviétique Redressement productif, le couperet tombe et France Inter présente au peuple la tête encore sanguinolente d’Audrey Pulvar, tout juste passée à l’échafaud. Comme sous la Terreur du regretté Robespierre, c’est à l’accusé de prouver son innocence. Et dans le cas de la journaliste Audrey Pulvar, il y a bien présomption de culpabilité. Comdamnée, car coupable d’avoir perdu sa neutralité de journaliste, son indépendance, entraînant par la même, celle de l’ensemble de la rédaction de France-inter (Qui avait réellement attendu la liaison Pulvar-Montebourg pour qualifier France-inter de radio de gauche ?).
            Ce matin de 6 à 7, Audrey Pulvar a donc animé cette tranche matinale pour la première fois en concluant sur ces mots :

«Pas de drame, ni amertume. La direction de France Inter souhaite conserver la neutralité de la rédaction, de cette belle et grande radio qui est la vôtre. Je le comprends même si ce n'est pas le moment le plus agréable quand on aime son travail. Merci pour vos mots de soutien, de colère parfois, pardon à ceux que mes choix ont pu heurter parfois, à bientôt pour une autre histoire sur France Inter bien sûr.»

            Effectivement domine un sentiment de colère et de gène car plus que l’indépendance des journalistes, c’est des droits des femmes dont il est ici question, de leur indépendance, de leur libre arbitre.
La carrière d’Audrey Pulvar est longue, elle n’a pas débuté, ou ne s’est pas terminée au moment de sa rencontre avec Montebourg. Ses qualités de journalistes demeurent, qu’en pensent Monsieur Vall et Monsieur Hesse, les patrons de France-inter et Radio France ? Elle les a notamment prouvées dans l’interview sur France 3 en 2006 d’un Nicolas Sarkozy trop vite agacé, ou dans son dynamisme et ses billets acérés tous les matins, et on lui pardonnera de s’égarer sur le plateau d’On n’est pas couché.
Audrey Pulvar est journaliste et féministe, et même de gauche (mais cela peut-il empêcher d’être journaliste ? – je crois que le siège de Libération est à brûler si c’est le cas), jouant la provocation en posant avec une rose à la une des Inrocks, mais au nom de quoi la priver d’antenne ? Quelle régression pour les droits des femmes, qu’une union sentimentale vous prive d’une carrière professionnelle. Alors son interview dans les Inrocks d’Avril se révèle aujourd’hui juste, cinglante et révoltante :

« J'ai cru pouvoir être jugée sur pièces... A tort. J’ai beau me débattre pour dire que je fais mon travail en fonction des lieux où j’exerce, que je parle en tant que femme indépendante et non en tant que femme «de», je sens bien que beaucoup de journalistes ne sont pas à l’aise avec ça ».

            Dès l’annonce de la candidature de Montebourg au primaire, i>Télé lui retire son émission, France Inter lui retire son interview de 7h53, désormais confiée à Pascale Clarck. Le 6-7 perdure sur France Inter jusqu’à ce matin, à cette heure-ci compagne du conseiller d’un candidat à la présidentielle c’est encore tolérable, mais compagne d’un ministre, alors là non c’est impossible, inconvevable, intolérable.
France Inter peut bien faire une émission chaque semaine sur les droits des femmes, si c’est pour ensuite régner toute indépendance et liberté aux femmes. Audrey Pulvar aurait-elle arrêté de penser en rencontrant Arnaud Montebourg ? Les femmes perdent-elles leur esprit critique pour embrasser celui de leur mari ? Fallait-il donner le droit de vote aux femmes si elles ne votent que comme leur mari, ou pis comme le curé ?
Et puis après tout, poussons la réflexion jusqu’au bout, ou jusqu’à l’absurde, si la situation ne l’est déjà pas suffisamment comme cela. Si Audrey Pulvar n’est que la « femme de », en cas de victoire aux élections de Nicolas Sarkozy, et de la nomination d’un gouvernement de droite, pouvait-on maintenir à l’antenne celle qui n’aurait finalement été qu’une adversaire politique, que la porte-parole de son compagnon, et pas une journaliste ? Voilà un raccourci que Jean-François Copé n’avait en rien hésité à franchir le 9 décembre 2010 sur le plateau du Grand Journal :

"Si je suis interrogé par Audrey Pulvar, connaissant son lien avec Arnaud Montebourg, ça me pose un petit problème."

Voici un raccourci que Rue89 semble tenter d’emprunter quand, dans son infographie sur le nouveau gouvernement, il précise pour chacun de ses membres « son statut amoureux » et d’ouvrir trois possibilités : marié(e), pas marié(e) et… vit avec une journaliste (sic). Assez pour que même Le Figaro crie au Maccarthysme.

Voici donc un premier sujet sur lequel la nouvelle ministre des droits des femmes Najet Vallaud-Belkacem pourrait s’engager. Une ambition, une carrière, une activité professionnelle doit-elle vraiment primer sur une autre dans un couple, chacun n’a-t-il pas désormais son indépendance hors du couple ?
Face à cette vulgarité sexiste demeurent la poésie et ce texte de Khalil Gibran sur le mariage qui souligne que l’individu ne se meure pas dans le couple, il en est un pilier, indépendant et solide. 


Alors Almitra parla de nouveau et dit, et le mariage, Maître?
Et il répondit en disant:

Vous êtres nés ensemble et ensemble vous

resterez pour toujours.
Vous resterez ensemble quand les blanches
ailes de la mort disperseront vos jours.

Oui, vous serez ensemble

jusque dans la silencieuse mémoire de Dieu.
Mais qu'il y ait des espaces dans votre communion,
Et que les vents du ciel dansent entre vous.

Aimez-vous l'un l'autre,

mais ne faites pas de l'amour une entrave:
Qu'il soit plutôt une mer mouvante
entre les rivages de vos âmes.

Emplissez chacun la coupe de l'autre

mais ne buvez pas dans la même coupe.
Partagez votre pain
mais ne mangez pas de la même miche.
Chantez et dansez ensemble et soyez joyeux,
mais demeurez chacun seul,
De même que les cordes d'un luth sont seules
cependant qu'elles vibrent de la même harmonie.

Donnez vos coeurs,

mais non pas à la garde l'un de l'autre.
Car seule la main de la Vie peut contenir vos coeurs.
Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus:
Car les pilliers du temple s'érigent à distance,
Et le chène et le cyprès ne croissent pas

dans l'ombre l'un de l'autre.

16 mai 2012

Le 1er Gouvernement de Jean-Marc Ayrault – partie 3


Pôle 3 : Les incertitudes

Ministre de l’Egalité territoriale : Claude Bartolone. Ce ministère est la nouveauté forte et belle du gouvernement de François Hollande. Son périmètre reste à définir (certaines directions d'administrations centrales attendent déjà avec fébrilité les fameux décrets d'attribution de vendredi matin), mais il sera notamment en charge de la politique de la ville, de l'aménagement du territoire, peut-être de la cohésion sociale, du logement, et des transports (soit une belle flopée de secrétaires d'Etat pour accompagner ce ministre) et surtout du nouvel acte de décentralisation encore promis par Hollande dans son discours d'investiture (la direction générale des collectivités territoriales du ministère de l'intérieur pourrait y être rattaché, une sorte de révolution - Valls n'aurait donc en charge qu'un ministère de l'intérieur au périmètre plus petit en charge uniquement des questions de sécurité). Pour cela, il faut un élu de terrain capable de manœuvrer avec les grands élus locaux. Toutefois, ce ministre devra bien être conscient que cette nouvelle vague de décentralisation sera pilotée depuis l'Elysée, car le nouveau secrétaire général de l'Elysée, Monsieur Lemas, un ancien préfet, s'en est fait une spécialité depuis les années Deferre. Les dernières rumeurs laissent présager un ministère plus restreint qu’envisagé au début, en raison du portage politique par l’Elysée et Matignon de ces réformes. Claude Bartelone devrait donc faire l’affaire. On a pensé à François Rebsamen, il a dit qu’il n’en serait pas. Ce matin, revenant sur mes pronostics j’imaginais un grand Ministère d’Etat pour Aubry, numéro 2 du gouvernement, il n’en sera rien, elle ne sera pas au gouvernement comme Combats de coqs l’annonçait hier.

Secrétaire d’Etat aux affaires européennes : Kader Arif, un proche de Hollande, député européen, qui veut se faire élire à l’Assemblée nationale. Il sera au gouvernement, mais peut-être seulement à la coopération, et ça c’est un peu la loose, faut le dire.

Ministre de la Santé : Jean-Marie le Guen, un médecin à la santé, la belle affaire ! Sera-t-il capable de remettre en cause le fonctionnement de la médecine libérale ?

Ministre de l'Industrie : Anne Lauvergeon, espionnée et virée de la tête d'Areva par Nicolas Sarkozy, talent découvert par François Mitterand, sa place au sein du gouvernement Ayrault est presque naturelle.

Ministre du logement : Yannick Jadot, le député européen qui compte chez les Verts, qui connait bien Peillon et Le Foll (aussi députés européens), ancien N°1 de Greenpeace - un peu trop lourd pour être nommé à l'écologie ou à l’énergie, mais qui pourrait impulser une transition vers des logements, surtout sociaux (la loi SRU refondée par le nouveau gouvernement, et pensée par le même Lemas en 2001 devrait désormais imposer aux communes un taux de 25% de logements sociaux contre 20% aujourd’hui), à Très haute qualité environnementale, soit beaucoup de construction, de rénovation et donc de l’emploi, en s’appuyant sur des niches fiscales bien sûr. On aurait bien vu Delphine Batho au logement, elle s'y connait, elle qui occupe un logement social dans Paris malgré son salaire de député (alors, oui même si le loyer a été revu à la hausse, ça reste choquant).

Il y aura un ministère mais quel ministre ?
Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : Bah j'ai trouvé personne, on parle du maire de Saint-Etienne mais qui est-ce vraiment ? Il serait également intéressant de rattacher la recherche à l'industrie. Je rêvais d'un grand ministère de l'Industrie, de l'Emploi et de la Recherche, mais j'ai peur d'être déçu.

Ministre de l’Emploi, du travail, et de la formation professionnelle : un grand ministère, qui devrait plus probablement être créé. On parle aussi d’un Ministère de l’industrie et de la Production (un nom qui fait un brin soviétique je trouve), et dont Rousset, le président de la région Aquitaine, serait le titulaire.

Et aussi : Secrétaire d'Etat à la Politique de la Ville, Secrétaire d’Etat au Transports, Secrétaire d’Etat à l’Energie, Secrétaire d’Etat à la Famille (pour piloter l’adoption du mariage gay et emmerder les intégristes de Civitas)… Par contre il ne devrait pas y avoir de Ministère du temps libre comme en 1981, la gauche a perdu ses illusions, pourtant j’aurais adoré entendre Jean-François Copé sur le sujet. Et épargnez-nous un Secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants (ou aux Personnes âgées c’est pareil).


Ils devraient y être mais où ?
Arnaud Montebourg : à moins qu'il refuse tout poste dans l'exécutif, pour éviter que sa compagne journaliste Audrey Pulvar subisse une nouvelle fois de trop importantes pressions, genre reléguer dans la tranche avec 6 heures sur France-inter.

Delphine Batho : devrait avoir son portefeuille (à condition de quitter son appartement bien sûr, on veut éviter les scandales avant les législatives), mais où, c'est un sacré casse-tête, elle est spécialiste des questions de sécurité mais le secteur est bouché.

Jean-Michel Baylet : le radical de gauche pourrait avoir un os à ronger, peut-être la fonction publique.

Robert Hue : tout comme Jean-Michel Baylet, mais plus communiste.

Anne Hidalgo : Première adjointe de Bertrand Delanoë, elle pourrait rejoindre le gouvernement pour assoir une stature politique forte et résister aux assauts futurs de François Fillon sur la Mairie de Paris en 2014. Mais cela ne fonctionnera que si elle dispose d'un grand ministère. Alors l'hypothèse inverse est valable : faire rentrer Delanoë au gouvernement et installer dès maintenant Hidalgo à la Mairie Paris, une passation de pouvoir en douceur. Pas sûr toutefois que Bertrand soit prêt à lâcher sa mairie au moment de concrétiser ses projets de transformation de la ville : aménagement de la place de la République et des quais de Seine. 

Voir la partie 1 : ceux pour qui c'est sur
Voir la partie 2 celles pour qui ça devrait le faire
Voir l'explication sur le choix du premier ministre
 

Le 1er Gouvernement de Jean-Marc Ayrault – partie 2

Pôle 2 : Celles pour qui ça devrait le faire

Ministre des affaires sociales : Marisol Touraine, une spécialiste, notamment en tant que présidente du département d'Indre-et-Loire (les départements gèrent l’essentiel des dépenses sociales). Espérons que ce quinquennat sous son impulsion soit à l'origine d'une modernisation de notre système de protection sociale, de nouveau vu comme un moteur de croissance économique et pas comme une charge - lisez Julien Damon et Bruno Palier. Si ce ministère va à Claude Bartelone, j’arrête la politique.

Ministre de la Justice : Adeline Hazan, une proche de Martine Aubry, maire de Reims, pourrait atterrir place Vendôme, et pas André Vallini qui ne pense qu'à cela depuis qu'il a présidé la commission d'enquête parlementaire sur l'affaire d'Outreau. Eva Joly, ça n'aurait quand même pas manqué de panache.

Ministre de l’Excellence environnementale : Marie-Hélène Aubert (mais je prends un risque –somme toute limité il est vrai), la spécialiste autour de François Hollande des questions écologiques, qui ne souhaite pas s'entourer que des Verts sur cette question. Ségolène Royal aurait été une ministre excellente dans un grand ministère de l'écologie, de l'industrie, de l'énergie, des transports et du logement. Elle préfère le perchoir de l'Assemblée nationale, c'est aussi très bien qu'une femme, enfin, accède à ce poste. Le nom du ministère lui rend hommage, c'est l'expression qu'elle utilise, jamais celle de développement durable.
OU
Ministre de l’écologie : Cécile Duflot, pour laisser à sa suppléante PS qui est la candidate sortante dans sa circonscription le plaisir de siéger à l’Assemblée. Une verte à l’écologie, c’est pas banal ça. Mais du coup ce sera un petit ministère, sans l’ambition du grand ministère précédent de Borloo.

Ministre de la Culture : Aurélie Filipetti. Elles ne sont pas beaucoup, les pro de la politique, surtout de cette génération, à être enfants d'ouvriers, c’est bien qu’elle entre au gouvernement. Elle se spécialise sur les questions culturelles, et pourrait faire une grande ministre, j’en prends le pari (Jack qui ?). La voir en chauffeuse de salle lors des meetings de Hollande faisait plaisir, enfin des transitions politiques dans un meeting politique - normal quoi ?

Ministre des Droits des femmes : Najet Vallaud-Belkacem, la plus brillante des jeunes pousses. Souhaitons lui de réussir et de pouvoir porter la cause de la parité dans l'ensemble des projets de lois des grands ministères. Elle devra manœuvrer finement car elle n'aura pas derrière elle d'administration, ce qui fait réellement le poids d'un ministre. Un rattachement au près du Premier ministre pourrait être gage de succès, serait au moins un acte fort.  

Ministre des Sports : Valérie Fourneyron. Médecin du Sport et maire de Rouen. Bon courage pour résister au lobby de la ligue national de football contre la taxe à 75%. Les bons ministres du Sport sont des femmes, et pas des sportifs pro dégueulasses, cf. Marie-Georges Buffet, cf. David Douillet ou Guy Drut ou Bernard Laporte.

Ministre en charge de l’économie Numérique : Fleur Pellerin, elle s'en est chargée dans l'équipe d'Hollande. Lui manque une légitimité électorale en plus de ses compétences administratives de Conseiller-maître à la Cour des Comptes.

Ministre de l’Outre-mer : Christine Taubira héritera peut-être de ce ministère qui pour exister pourrait être rattaché directement au Premier ministre. Mais va falloir arrêter de cantonner à ce ministère tous les politiques outre-marins.

Voir la partie 1 : ceux pour qui c'est sur
Voir la partie 3 : les incertitudes
Voir l'explication sur le choix du premier ministre

Le 1er Gouvernement de Jean-Marc Ayrault – partie 1


Jean-Marc Ayrault nommé, il faut bien lui trouver des ministres et c’est là que les difficultés apparaissent. Contrairement à 2007 où les choses étaient assez claires (je me souviens d’avoir été assez bon au jeu des pronostics), beaucoup de doutes subsistent sur les futurs ministres et sur les périmètres ministériels. Alors voici une tentative sur les personnalités et leurs maroquins qui seront annoncés demain matin sur le perron de l’Elysée. J’essaie de m’imposer les mêmes contraintes que celles du titulaires de Matignon : la constitution de grands pôles comme l’a annoncé François Hollande et la parité ; mais tout cela n’est pas bien évident. Verdict cet après midi.

Pôle 1 : ceux dont on est à peu près sûr

Ministre de l’Economie et des Finances : Michel Sapin, de la fameuse promotion Voltaire de Hollande, Royal, de Villepin, Jouyet et Lemas (désormais connu pour être le nouveau secrétaire général de l’Elysée, le poste clef d’une présidence, occupé par Guéant en 2007, par de Villepin lors du premier mandat de Chirac). C’est un proche d’Hollande auquel le poste ne devrait pas échapper car il a élaboré son programme notamment économique avec le jeune inspecteur des finances nommé SG adjoint de l’Elysée – Emmanuel Macron. Sapin a déjà occupé ce poste sous Pierre Bérégovoy, donc il connait, et en même temps, on renomme rarement un mec au même poste.  

Ministre du Budget et de la fiscalité : Jérôme Cahuzac, l’actuel président de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, il connait donc son sujet. Il venait d’ailleurs de faire remarquer au précédent gouvernement qu’il serait impossible selon leur prévision de revenir à 3% de déficit en 2012, l’UE vient de lui donner raison et de montrer que le gouvernement précédent n’était pas hyper-réglo en matière budgétaire. Ca annonce aussi une période difficile en matière budgétaire, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle ; mais l’effort reposera sur les plus riches bien sûr. Cahuzac sera notamment en charge de la fameuse réforme fiscale annoncée par Hollande et du rapprochement entre la CSG et l’Impôt sur le revenu. Cet homme a du travail.

Ministre des Affaires étrangères : Pierre Moscovici, le transfuge DSK pourrait obtenir le quai d’Orsay, promis à Fabius, pour le remercier de son rapprochement dès l’affaire Diallo et du succès d’une campagne qu’il a dirigée. Il a été ministre des affaires européennes sous Jospin, donc connaît déjà un peu la question.

Ministre de l’Intérieur : Manuel Valls. Il en rêvait, sa campagne de flic de la communication lui a offert le poste. Maintenant tu as intérêt à faire tes preuves parce que tout le monde t’attend au tournant, notamment François Rebsamen qui s’est fait éjecter de ce poste qu’il convoitait. Sera en plus porte-parole du gouvernement.

Ministre de la Défense : Laurent Fabius, lolo s’est fait viré du quai d’Orsay alors se retrouve à la Défense, à l’expérience pourra piloter le retrait au pas de charge d’Afghanistan, et l’expliquer à Barack dans une semaine. Du coup, exit Jean-Yves le Drian, président de la Région Bretagne : en même temps il ne faisait pas rêver grand monde, ou alors c’est ce ministère tout court qui fait pas rêver grand monde.

Ministre de l’Education nationale et de la jeunesse : Vincent Peillon, le ministre qui sera au cœur de toutes les réformes Hollande, car la jeunesse est sa priorité. Coup de chance donc qu’il ait choisi le quinquagénaire le plus brillant du PS, un agrégé de philosophie, un modèle pour ceux qui voudraient se lancer en politique, lisez ses livres, buvez ses discours, accrochez des posters de lui dans vos chambres. Une école est à reconstruire en France, de la primaire au bac, et le seul discours hommage à Jules Ferry ne suffira pas, alors bon courage. Il recrute dans son cabinet ?

Ministre de l’Agriculture : Stéphane Le Foll, le seul mec qui a cru toute sa vie en François Hollande, qui a calqué sa vie politique sur celle de François Hollande, le seul vraiment intéressé par les questions agricoles au PS, et surtout parce qu'ils ont peur de filer le ministère à un écolo. La FNSEA plus forte que le bio.

Un commentaire de Patrick Juvet sur cette première liste : « Où sont les femmes ? »

Voir la partie 2 : celles pour qui ça devrait le faire
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15 mai 2012

Le 1er gouvernement de François II – 24e président de la France et 7e président de la Ve République française

Le nom du Premier ministre ne fait plus de doute après « la gaffe », dixit Ségolène Royal, de Jean-Pierre Jouyet ce jour au micro de RTL : il s’agit comme annoncé dans la presse depuis l’élection de François Hollande le 6 mai 2012 de Jean-Marc Ayrault, l’actuel maire de Nantes, Président de l’agglomération nantaise et Président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale depuis 15 ans (il briguera en juin son 6e mandat de député - sic), un cumulard donc, dont on attend avec impatience la loi sur la modernisation de la vie publique et le non-cumul des mandats.
Tire sur mon doigt

A son crédit pour être nommé à ce poste, signalons sa collaboration depuis 15 ans avec François Hollande (quand Jospin devint Premier Ministre, l’un devient premier secrétaire du Parti socialiste, l’autre Président du groupe PS et les deux siègent ainsi côte à côte 15 ans lors des réunions de groupe du mardi matin, où la ligne politique sur les grands textes de lois et les orientations stratégiques sont arrêtées). Et les deux se sont toujours trouvés complémentaires.
A son crédit bis, une grande expérience du fonctionnement de l’Assemblée nationale qui facilitera les relations entre le gouvernement et le Parlement pour mener à bien d’importantes réformes dès le début du quinquennat. Les propositions socialistes qu’il a élaborées pendant les dix années d’opposition sous forme de proposition de loi1 et d’amendement ont largement alimenté le programme socialiste.
Voir la gueule de Tokyo Hotel fait toujours plaisir
Son plus bel atout vient surtout du fait que le bougre est bilingue, il parle allemand. Alors au moment de renégocier un traité européen avec l’Allemagne, mener les discussions dans la langue de Tokyo Hotel ne pourra pas faire de mal.
Et puis sa nomination permettra enfin un renouvellement du personnel politique à Nantes, car cela fait 23 ans que plusieurs adjoints doivent ronger leur frein à pour prendre sa succession.

Malheureusement, Jean-Marc Ayrault traîne aussi quelques boulets : on attend avec impatience de le voir se confronter à ses ministres écologistes (Cécile Duflot ou Yannick Jadot, ministre de l’écologie) sur la construction du nouvel aéroport de Nantes, à Notre-Dame-des-Landes ; il en était l’initiateur, l’arrêt de sa construction était dans le programme d’Eva Joly.
On attend également les refrains de l’UMP sur sa condamnation à 6 mois de prison avec sursis en 1997 dans une affaire de marché public attribué en 1989 pour la publication du journal municipal de Nantes : une condamnation en tant que Maire, il y aurait eu favoritisme, mais pas d’enrichissement personnel ou de détournement d’argent – comme il le clame, il a depuis été réélu deux fois à la Mairie de Nantes, mais c’est bien connu, les Français sont des veaux.

En fait le plus gros désavantage de Jean-Marc Ayrault, c’est que s’il est nommé à Matignon, Martine Aubry ne l’est pas. Or, elle était sollicitée par l’opinion. Or, elle a fait une campagne de terrain très importante. Or, elle a rassemblé l’ensemble du parti socialiste derrière François Hollande après les primaires (bien que sur ce point il semble que ce soit François Hollande lui-même qui ait réussi à faire l’unanimité autour de ses thèmes de campagne la jeunesse et la justice, et de son style de présidence).
Et puis, il aurait été bon, si la France continue à se complaire dans un exécutif bicéphale (contrairement à tous les autres régimes démocratiques ; même François Fillon souhaitait en 2005 la suppression du poste de Premier Ministre), que l’une des têtes soit celle d’un homme, l’autre celle d’une femme. Elle incarnait les 35 heures, la dernière grande avancée sociale française, même si la manière dont elle a mis en place cette réforme reste critiquée.
Edith Cresson, seule femme Premier Ministre de la France, l'image est malheureusement désormais un brun vintage.

Mais parlons peu parlons bien, il ne faut pas se leurrer, Martine Aubry et François Hollande ne peuvent vraiment pas se voir, et l’épisode gauche molle de la primaire socialiste était du petit lait pour la droite qui aurait pu faire pas mal de dégâts. Bien sûr, elle aurait réussi à regrouper autour d’elle l’ensemble des socialistes, aurait donné des gages au Parti de Gauche et à JLM. Pourtant ça ne l’a pas fait.

Se pose maintenant un problème pour François Hollande et J-M Ayrault : dans quel ministère nommer Martine Aubry ? On évoque un grand ministère de l’éducation nationale, de la culture (et il est vrai que le dynamisme culturel lillois témoigne d’une grande compétence sur le sujet), et de la jeunesse. Mais on voit mal comment le Ministère de l’Education nationale pourrait échapper à Vincent Peillon, et le Ministère de la Culture à Aurélie Fillipetti.
Et si l’hypothèse la plus probable était qu’elle n’entre pas au gouvernement, et qu’elle reste à la tête du parti socialiste, ce qui l’associerait de fait à l’ensemble des réformes que mènera le futur gouvernement ? Elle a prouvé d’importantes capacités à ce poste depuis 2009 et le congrès dévastateur de Reims, alors ses compétences seront nécessaires quand il faudra mener la bataille des élections locales en 2014, où après d’importantes victoires la gauche abordera de nouveau ces échéances en étant au pouvoir au niveau national.

Autre hypothèse : si tout simplement Martine Aubry n’en avait pas envie, de ce poste de 1er ministre ? Pas envie parce que c’est François Hollande (dans l’hypothèse DSK, elle semblait prête à y aller), pas envie parce qu’elle ne veut pas quitter sa place de Maire et de Président d’agglomération à Lille où elle n’est pas installée depuis 23 ans, pas envie comme le laissait présager son refus d’obstacle – elle ne se présente pas aux législatives après un échec douloureux en 2007 à Lille, or on imagine mal un Premier ministre sans cette légitimité du scrutin nationale (tous les premiers ministres de la IVe et de la Ve République – je n’ai pas remonté plus loin mais ça doit être vrai avant aussi - étaient des parlementaires, à l’exception de Gaulle quand il est rappelé en 1958, mais il bénéficiait d’une autre légitimité historique, et a obtenu la sienne par les scrutins très rapidement après). On se souvient de l’épisode Juppé en 2007, nommé au ministère de l’écologie et du développement durable, taillé à sa mesure, pensé par et pour lui, et qui doit quitter son poste après son échec aux législatives, dans sa ville, à Bordeaux, face à Michelle Delaunay.

A l’inverse, Jean-Marc Ayrault lui montre qu’il a envie, mène campagne auprès de François Hollande et de ses conseillers. Il a mené la campagne des présidentielles en se mettant dans cette posture de 1er ministre, en répétant un discours rodé sur les mesures à prendre rapidement, un entraînement au fameux discours de politique générale prononcé devant l’Assemblée après la nomination du Premier Ministre. Depuis des semaines, il écrit des notes sur le programme des premières semaines et le calendrier de la première année, et participe à la rédaction des décrets qui seront publiés cette semaine ou la semaine prochaine, d’abord sur la retraite à 60 ans bien sûr, mais aussi, c’est le boulot d’un premier ministre, sur l’organisation de l’administration, le découpage des ministères et des grandes directions de l’administration centrale de l’Etat et leurs rattachements.

L’hypothèse Valls était une farce, soyez-en sûr, à la limite en deuxième premier ministre à mi-mandat s’il fait ses preuves au ministère de l’intérieur, mais l’expérience Fillon-Sarkozy montre que sauf accident, dans cette formule quinquennat, le tandem sera le même pendant cinq ans.

            Avant midi demain retrouvez sur Combats de coqs en exclusivité l’annonce du futur gouvernement paritaire, paritaire on a dit, va plus falloir déconner avec ça les gars.


1On parle de proposition de loi quand le texte émane du Parlement et de projet de loi quand le texte initial a été rédigé par le Gouvernement – pour briller en société...

Pour découvrir en exclu l'ensemble du gouvernement :
Voir la partie 1 : ceux pour qui c'est sur
Voir la partie 2 celles pour qui ça devrait le faire
Voir la partie 3 : les incertitudes

11 mai 2012

Le brunch du dimanche matin

13h, c’est encore le matin, non ?

Voilà plusieurs mois, plusieurs années peut-être, que Combats de Coqs consacre son dimanche midi à bruncher ! Bon, ça fait un peu bobo, mais ça fait plaisir… Voici quelques conseils avisés dont Combats de Coqs a le secret pour réussir son brunch.

Chez toi ou dehors ?

Bien sûr, quand on dit « dehors », ça ne veut pas vraiment dire « dehors », mais au restaurant, au bar, au salon de thé, au café - choisissez l’appellation que vous préférez. Si vous voulez être pénard, manger ce que vous voulez pour un prix raisonnable, restez chez vous, et si vous ne voulez pas cuisiner, que vous voulez manger des trucs que vous n’avez pas le droit d’acheter (du Nutella, de la pâte de spéculos et autres délices) et que vous avez de l’argent à dépenser (c’est encore le cas pour certains, mais maintenant qu’on va tous être taxés à 75%, ça va être de plus en plus rare1), préférez un petit resto sympa !

Chez toi

Pour réussir son brunch à domicile, il y a certains incontournables qu’il faut ABSOLUMENT noter sur sa liste de courses :
- du pain frais et des viennoiseries (à prendre dans une vraie boulangerie bien sûr, le pain de mie Harris et les croissant U dans des boites en plastique, ça compte pas)
- du beurre salé (le beurre doux, c’est un fléau)
- des œufs (chacun choisira son mode de cuisson, brouillés, omelette, au plat, à la coque, sachant que les œufs brouillés, en omelette et au plat, c’est dégueulasse)
- du bacon (attention, pas les tranches rondes, non, du vrai bacon, que vous trouverez plutôt en supermarché sous le nom de « poitrine fumée »)
- du jus d’oranges (pressés par vos soins bien sûr)
- une boisson chaude (du café2, du chocolat chaud, du thé, pourquoi pas de la soupe à la tomate3)
Ca, c’est la base ! Ensuite, selon vos goûts, vos envies, les restes du frigo : Nutella, saumon fumé, fromage, charcuterie, salade, crudités, céréales, fruits… En fait, le principe du brunch, c’est que tu peux manger de tout, dans l’ordre que tu veux, à n’importe quelle heure de la journée (bon, jusqu’à 18h).

Au restaurant

Attention l’ami, il ne suffit pas d’aller dans n’importe quel restau qui propose un brunch le dimanche pour réussir son brunch du dimanche… Il faut savoir comparer les offres et déceler les avantages et les inconvénients de chacun. Voici quelques éléments auxquels il faut faire attention.
Le prix : bien sûr, le prix dépend de ce qu’on vous propose dans le brunch, mais au-delà de 25€, ça commence à être franchement cher. Déjà, 25€, ça semble cher, mais dites-vous que, si vous avez bien choisi votre brunch, vous allez manger un repas complet (l’équivalent d’une entrée-plat-dessert-boisson), donc ça vaut quand même le coup. Donc, pour un bon brunch, comptez entre 17 et 25€.
La formule : il faut ABSOLUMENT qu’un des éléments soit à volonté. Parce que bon, on n’a pas encore trop insisté dessus, mais le principe du brunch, c’est que vous devez manger plus que de raison. Si vous sortez du restau sans avoir mal au ventre, c’était un mauvais brunch. Ca peut paraître stupide, mais bon, c’est pas Combats de Coqs qui fait les règles, c’est comme ça, c’est tout. Donc pain et viennoiserie à volonté, c’est bien, mais le mieux, c’est quand même TOUT à volonté ! C’est rare, mais ça existe.

Quelques adresses testées pour vous (on est hyper consciencieux chez Combats de Coqs)

A Paris
- Le Sans Gêne (17e arrondissement) : pour 23€, boisson chaude, pain, beurre, Nutella et confitures à volonté, un croissant, un verre de jus pressé, une assiette bien remplie et un dessert. Le nem et les frites de patate douce sont vraiment délicieux. Sur chaque table, un énorme pot de Nutella vous attend, c’est alléchant au début, puis on pense à tous les gens qui ont trempé leur cuillère ou leur couteau dans le pot après l’avoir léché…
Les Puces des Batignolles
- Les Puces des Batignolles (17e arrondissement) : dans un cadre vraiment sympa (vieux mobilier et déco vintage), ce brunch à 20€ propose également boisson chaude, pain et garniture à volonté. Pas de Nutella ici, mais plus de choix pour le plat salé (cuisson de l’œuf, viande ou poisson, etc.).
- Le Café qui parle (18e arrondissement) : voilà un brunch où, pour 17€, tout est à volonté ! Ils ont toutes les pâtes à tartiner possibles : Nutella, spéculos, caramel salé, confitures, etc. Vous avez le choix entre une assiette fromage, charcuterie ou mixte, des salades, des céréales (dont des chocapic, une valeur sûre !), des viennoiseries. On ne peut pas réserver donc si vous arrivez un peu tard, vous risquez de faire la queue. Venez plutôt vers 11h, sinon c’est un peu l’usine. Comme tout est à volonté, c’est un peu moins « fin » que dans les autres brunchs, mais ça vaut le coup quand même !
- Le Viaduc café : pour 25€, vous brunchez et vous écoutez du jazz ! Pour la bouffe, c’est à peu près ce qu’on trouve dans les autres, c’est-à-dire boisson chaude et pain à volonté, le choix entre des œufs au bacon ou des œufs au saumon, des pommes de terre sautées, des fruits, des viennoiseries, etc. La crêpe au sirop d’érable fait bien plaisir si vous lui avez laissé une petite place. Situé sous les arcades de la Coulée verte, l’endroit est très sympa.

A Lille
- Le Pain quotidien : sur de grandes tables en bois, dégustez les pâtes à tartiner bio type Nutella ou au chocolat blanc, différents types de pains vraiment bons, une assiette salée (salade de poulet, charcuterie, fromages, etc.), un yaourt, une salade de fruits… le tout bio, pour 23€. Il y a des enseignes dans plusieurs villes, notamment à Paris.

Le String Café
A Stockholm
- Le String Café : si vous allez à Stockholm, ne manquez surtout pas ce café, situé dans Södermälm, un quartier vraiment sympa. Pour 80kr, soit 9€ à peine, mangez tout ce que vous pouvez ! Il y a des crêpes, des céréales, de la charcuterie, du fromage, du pain, des crudités, des gâteaux, du thé, du café… The best brunch ever !

D'autres adresses à nous conseiller ?


1 Je dis ça pour faire flipper les mecs de droite, qui n’ont visiblement rien compris à cette proposition, vu toutes les conneries qu’on a pu entendre ici et là… Oh les gars, paniquez pas, personne ne donnera 75% de ses revenus à l’Etat, même ceux qui gagnent 1 million d’euros par an. Renseignez-vous et laissez-nous savourer notre victoire, merde !
2 Sans sucre bien sûr, le café, sinon, ça veut dire que vous n’aimez pas vraiment le café… Pour mieux comprendre, lisez ça !
3 C’est pas pour rien qu’on trouve tous ces choix –y compris la soupe à la tomate dans les machines à café des gares, grands magasins, etc.